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Jasper Morrison

09.10.2009 → 18.01.2010

Confronter in situ ses créations avec celles des collections anciennes était son secret désir; il n’est pas question de mettre en péril l’âme du musée mais au contraire de trouver des résonances dans les rapprochements subtils et pertinents entre une trentaine de ses œuvres (meubles, luminaires, céramiques, verreries, couverts…) et les arts décoratifs du passé qui retrouvent grâce à son regard une actualité esthétique et historique.

Parallèlement aux pièces installées dans les collections permanentes, le musée expose pour la première fois en France l’exposition Super normal (prêt du FNAC) créée en 2006 à Tokyo par Jasper Morrison et Naoto Fukasawa, est présenté pour la première fois en France à Bordeaux; sur une longue table, quelques cinquante objets, issus de l’industrie sont déposés; leur principale qualité est leur adéquation à la vie domestique «…dont seraient dépourvus les objets design, plus adaptés pour occuper la surface médiatique».
(Jasper Morrison, Super normal, 2006)

Jasper Morrison

Designer et architecte d’intérieur. Jasper Morrison est né à Londres en 1959. Après des études à la Kingston School of Art (1981), il apprend le design au Royal College of Art de Londres (1984). A la même époque, une rencontre avec le groupe Memphis va bouleverser sa conception du design et sans adhérer aux idées du groupe, lui permettre de se lancer dans une démarche plus conceptuelle. Avec Andrea Brandolini, il crée le collectif « Utilism Collective ».

En 1985, il ouvre son agence à Londres, dans son appartement de South Kensington, qu’il utilise comme laboratoire d’expérimentation. Très vite publiés dans la presse, ses aménagements intérieurs et ses meubles en bois dépouillés et simples, lui valent une reconnaissance internationale. Il propose alors un design très sobre qu’il qualifie de « super normal ». Conçues dans un esprit ascétique, non dénué de sensualité, à partir de technologies et de matériaux sophistiqués, les créations de Jasper Mor- rison se caractérisent par la légèreté et la simplicité des lignes. Il conçoit de nombreux sièges dont la fameuse Thinking man’s chair pour Cappel- lini en 1986, et les Ply chairs, archétypes de la chaise ; il produit aussi en 1998 une chaise pour le réfectoire du couvent de La Tourette près de Lyon, construit par Le Corbusier. Répondant à des commandes multiples, il dessine en 1997 le tramway pour la ville de Hanovre à l’occasion de l’Exposition de 2000.

Jasper Morrison collabore aussi avec des designers comme James Irvine, un ami du Royal College of Art, sur la conception d’une collection de pro- duits pour la maison Progetto Oggetto avec l’éditeur Cappellini. En 1989, il expose à la galerie Néotù à Paris et à Bordeaux au centre d’architecture arc en rêve en 1995. Il est désigné Créateur de l’année au Salon du meu- ble de Paris en 1999.

Jasper Morrison incarne le courant de la « nouvelle simplicité »; accor- dant une place essentielle à l’usage, il utilise des matériaux classiques et banals avec des lignes sobres et simples. Il répond ainsi de manière juste et raffinée au problème de fonction. Il peut utiliser des matériaux plus va- riés comme le liège avec la Cork family, série de 3 petits tabourets fa- çonnés avec du liège, ou le contreplaqué de bouleau pour les chaises Plywood, réalisés en 1989 avec VITRA. Ces meubles semblent réduits à leur simple expression et ce grand dépouillement tente de faire apparaî- tre les « qualités invisibles des objets » ; l’approche sensuelle du matériau donne cependant de la présence à l’objet.

En 1999, Jasper Morrison est invité à diriger la publication de l’Internatio- nal Design Yearbook et à choisir les produits qui lui paraissent les plus si- gnificatifs de cette année. Pour Morrison, le «... modernisme doit sa disgrâce temporaire à son manque d’humour ou du moins, il lui manque une certaine légèreté de touche car si un produit naît de l’industrie, il est destiné à passer le reste de sa vie chez des gens qui ne s’intéressent pas nécessairement à la logique aride des solutions apportées aux problèmes de fabrication. Avec le recul, il apparaît que le modernisme n’est pas en panne, il a juste besoin d’une révision ».

Catalogue de l'exposition

Ouvrage édité et distribué par Suresnes, B. Chauveau et Bordeaux, musée des Arts décoratifs
Edition française
34 pages - 12 €