1983 - Le musée investit tous les espaces
À l’initiative de Jacqueline du Pasquier (1972-2000), conservatrice du musée des Arts décoratifs, un important projet de restructuration voit le jour. Il concerne l’aile des communs, les combles de l’hôtel particulier et l’ancienne prison. Après 5 ans de travaux, le musée réouvre en 1983. La collection légitimiste du bordelais Raymond Jeanvrot (1886-1966) est désormais présentée dans quatre salles dédiées. Dans l’aile des communs, de nouveaux espaces permettent de déployer des expositions temporaires, notamment dédiées à la jeune génération de designers. Les visiteurs découvrent une partie de la collection d’armes, de serrurerie et de ferronnerie, dans les combles, espace anciennement réservé à la domesticité.
Parallèlement, la prison devient une réserve. Récemment libérée des activités de la police municipale, ses salles et cours permettent de conserver, au plus près des équipes, les collections du musée qui ne trouvent pas leur place dans le parcours imaginé au sein de l’hôtel particulier. La direction de cet important chantier est confiée au cabinet de programmation C.A.F.E., dirigé par le muséologue Claude Pecquet et l’architecte Patrick O’Byrne, qui en 1974 avaient travaillé sur l’implantation du Centre Georges Pompidou. Le cabinet d’architecture Alain Rodriguez & Bernard Bourgeois s’occupe des travaux.
Cette reconfiguration architecturale, particulièrement celle de la prison, s’inscrit dans la continuité des réflexions menées à l’origine des premiers projets muséaux dans ces bâtiments. En effet, dès 1918, la Ville envisage la création d’un Musée d’Art Industriel, en construisant de nouveaux espaces à l’emplacement de la prison ou en investissant ses cours et ses cellules. Seul le projet du Musée d’Art Ancien aboutit mais la destination de la prison restait en suspens. Le souhait des conservateurs était alors d’en faire une réserve pour les collections : un souhait partagé par Jacqueline du Pasquier qui fut donc exaucé quelques décennies plus tard.
