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Céramiques, corps sensibles

22.04.2026 → 04.01.2028
Takayuki Sakiyama, untitled, 2021<br/> &copy; Pierre Marie Giraud
Takayuki Sakiyama, untitled, 2021
©Pierre Marie Giraud

Le col d’un vase, sa panse, son talon, son  pied, ses épaules, son corps [body en anglais] sont employés pour décrire une forme modelée par les mains des potières et potiers comme pour parler d’un corps humain. À partir de presque rien – la terre sous nos pieds – la céramique répond à nos besoins immédiats.  Semblable à une peau, elle raconte une histoire et réagit à la plus infime des variations : l’épiderme de celui ou celle qui la manipule, l’atmosphère de son atelier, la composition de l’argile, la température de son four, son taux d’oxygène, la force des flammes… Présente partout, modelable par toutes et tous et quasiment inépuisable, la céramique intervient dans nos croyances et nos pratiques les plus spirituelles. Peinte ou gravée, elle a été très tôt décorée comme une façon de s’approprier les formes utiles, d’honorer leur contenant par le soin apporté aux motifs. Les teintes, les gerçures, les craquelures, les coulures et bien d’autres effets, provoqués ou souhaités conservent une part d’imprévu. Quand il vise l’exactitude, la justesse, le détail, l’art de la céramique suppose l’alchimie : une connaisssance, nourrie en continue par l’observation, la répétition des gestes, la précision et la compréhension des outils, les leçons tirées des échecs mais aussi une forme d’intuition sensible. L’oxyde de cuivre en particulier peut produire la quasi-totalité des couleurs, du bleu le plus pâle au rouge le plus noir mais seule la rencontre de l’émail et du feu permet de faire naitre des effets aux noms évocateurs : fourrure de lièvre, œil de perdrix, peau de serpent, peau d’orange, foie de mulet ou sang de bœuf…

L’exposition réunit 80 pièces produites dans différents continents, du troisième millénaire avant notre ère à aujourd’hui et plus de 40 artistes.Elle met en regard des pratiques ancestrales avec des productions contemporaines, rendant visibles la permanence des formes, les possibilités de la matière et son caractère éminemment culturel. En dialogue avec les objets, des archives audios et vidéos permettent une immersion dans l’univers de ces artistes et artisans, à l’atelier, auprès des fours et au plus proche de la matière.

Commissariat et scénographie 
Etienne Tornier et Bérengère Bussioz

Artistes représentés 
Pierre Bayle, Andrea Branzi, Gisèle Buthod-Garçon, Ernest Chaplet, Colin Chudyk, Claude Champy, Hans Coper, Robert Deblander, Bernard Dejonghe, Xavier Duroselle, Lucio Fontana, Jean Girel, Hella Jongerius, Elisabeth Joulia, Jin Eui Kim, Gabriele Koch , Isabelle Leclercq, Jacqueline et Jean Lerat, Morten Løbner Espersen, Hattori Makiko, Kristin McKirdy, Jonas Moënne, Daniel de Montmollin, Ursula Morley-Price, Setsuko Nagasawa, Magdalene Odundo, Suzuki Osamu, Réjean Peytavin, Lucie Rie, Julian Stair, Takayuki Sakiyama, Valentine Schlegel, Ettore Sottsass, Marie Talbot, Studio ThusThat, Matsui Toshio, Guy van Leemput et Seungho Yang 

Prêteurs 
Musée national de Céramique, Sèvres – Musée national Adrien Dubouché, Limoges – Musée des Beaux-Arts de Lyon – Musée Ariana, Genève – Musée de la Borne, Henrichemont – Design Museum Den Bosch, Pays-Bas – Musée des Confluences, Lyon – Musée du Louvre, Paris – Musée national des arts asiatiques - Guimet, Paris – EKWC, Pays-Bas – Musée national d’art moderne - Centre Pompidou, Paris 


Cette exposition est conçue avec le soutien de la Fondation d’entreprise Hermès

Vernissage : le mercredi 22 avril à 19h

Voir toute la programmation autour de l'exposition dans notre agenda

Le musée remercie

Fondation d’entreprise Hermès et les prêteurs & institutions partenaires

Magdalene Odundo, Vase, 1994, Design Museum Den Bosch
©DR